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Vendredi 11 avril 2008

Association GRAND PARIS


http://grandparis.over-blog.com/

Antonio Duarte, Architecte-urbaniste, Président de l'association Grand Paris est l'invité de l'émission :

« Ca vous Regarde » sur La Chaine Parlementaire (LCP), jeudi 10 avril 2008
en direct sur internet entre 19h00 et 20h00 (www.lcpan.fr) et retransmise entre 21h et 22h sur LCP Assemblée Nationale.

10/04/08 - Grand Paris : un pari risqué ?
Invités Politiques :
-Philippe Dallier, sénateur UMP, auteur du rapport sur le Grand Paris
-Jean-Paul Planchou, Président du groupe PS au conseil régional IDF
Experts :
-Paul Chemetov, architecte, auteur de nombreux ouvrages
-Yves Lion, architecte
Citoyens :
- Antonio Duarte, Président de l'association Grand Paris
- Jean-Paul Planchou, bloggeur, Seine Saint Denis
par antonio duarte publié dans : Pour un GRAND PARIS
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Mardi 27 novembre 2007
Jean-Marie CAVADA n'a pas résisté aux sirènes de l'UMP, à la faveur d'un probable portefeuille ministériel. J'avais une grande estime personnelle pour cet homme de conviction qui s'est construit en dehors des partis, sur un chemin difficile et rocailleux.
Je regrette qu'il préfère jouer les supplétifs de Françoise de Panafieu à Paris, que de devenir l'un des leaders du Mouvement DEMOCRATE que nous sommes en train de construire.

Le pari de François BAYROU, de Marielle de SARNEZ, de Corine LEPAGE, de Jean-Luc BENHAMIAS et de tous les adhérents du MoDem est de construire un parti libre et indépendant au centre du paysage politique français qui nécessite une profonde rénovation des idées et des pratiques politiques.

Le combat que nous menons à Paris, aux côtés de Marielle de SARNEZ, nous le poursuivrons ensemble car il est nécessaire de rénover la vie politique française et parisienne !

Les DEMOCRATES incarnent la vraie rupture à l'égard d'un système corrompu, au service des grands capitaines d'industrie, qui a renoncé à porter la voix du peuple pour défendre une éthique politique au service des citoyens français et européens.
Porter haut les couleurs de l'humanisme dont nous sommes les héritiers, de l'Europe dont nous sommes les bâtisseurs, du développement équitable et durable de la planète dont nous sommes les ardents défenseurs, tel est notre combat.

Je suis heureux de participer à la fondation du Mouvement Démocrate le 1er et 2 décembre 2007. C'est une nouvelle page de la politique française qui s'ouvre devant nous et dont nous écrivons le refrain en attendant qu'il soit entonné par tous nos concitoyens.

Antonio Duarte



par antonio duarte publié dans : au Centre
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Mardi 13 novembre 2007

Le débat préparatoire sur le budget 2008, durant le Conseil de Paris du 12 novembre 2007, permet de faire une analyse globale de la politique de la ville de Paris.

Marielle de Sarnez nous propose sa vision de Paris, dressant ses priorités budgétaires comme le logement, les transports, le développement durable et la solidarité.

Proposant une nouvelle approche de la gestion municipale, par objectifs, Marielle de Sarnez met le budget au service de l'amélioration du cadre de vie des parisiens !



Débat sur les orientations budgétaires

Intervention de Marielle de Sarnez
Lundi 12 novembre 2007

Monsieur le Maire,

Le débat que nous avons aujourd’hui sur les orientations budgétaires nous permet, sans doute, de revenir sur ce que fut, durant ces six dernières années, votre politique. Mais plus encore de parler de la seule chose qui vaille, de la seule chose qui compte, c’est-à-dire de la vie des Parisiens. Vivent-ils mieux aujourd’hui qu’hier ? Voilà qui me semble être le seul critère qui permette de mesurer l’efficacité et la justice de toute politique. Voilà en tout cas, le critère qui sera demain le nôtre.
Avant d’entrer dans cette question, un mot de la politique budgétaire que vous avez menée depuis 6 ans. Il y a du bien et du moins bien. J’approuve le gel des taux de la fiscalité locale. Mais je m’inquiète de l’augmentation continue des dépenses de gestion courante. Ce qui, accompagné d’un recours accru à l’emprunt, compromet les marges de manœuvre de la Ville.
Évidemment, un audit devra nous dire quelle est la réalité objective de votre bilan en matière financière et budgétaire. Comme cela avait été utilement fait en 2001. D’ailleurs, ce type de procédure devrait être automatique et ne pas dépendre du bon vouloir des uns ou des autres. Mais cette question des marges de manœuvre budgétaires, -comment les retrouver ?-, sera très importante dans notre réflexion sur l’avenir.
Je veux maintenant en venir à la réalité de vie des Parisiens. Regarder ce qui a vraiment été fait, et dépassant la querelle des chiffres, traçons les perspectives d’une autre politique.
Il me semble que la priorité des priorités à Paris aujourd’hui est la question du logement, qui touche, d’un côté, les plus fragiles et de l’autre les familles et les classes moyennes. Pour moi, une politique juste doit envisager la situation de tous les Parisiens, pas seulement des privilégiés, pour leur permettre de se loger dans des conditions convenables. Convenons que c’est loin d’être le cas.
Faut-il rappeler les insuffisances de l’hébergement d’urgence après l’affaire des tentes du Canal Saint Martin et aujourd’hui de la rue de la Banque ?
Il faut augmenter leur nombre, et il faut en même temps réformer leur mode de fonctionnement pour l’humaniser. C’est pourquoi je proposerai de créer une Maison d’accueil par arrondissement pour regrouper l’ensemble des services de logement et de réinsertion dans un même lieu.
Faut-il souligner que le nombre de demandeurs de logements sociaux a augmenté durant la mandature ?  Le logement social est en défaut ! La ville de Paris devra réorienter sa politique. Pour que les personnes précaires ne se tournent plus vers le parc social dit « de fait », dont les loyers sont naturellement plus élevés que le parc social public, et les conditions de confort souvent faibles, parfois même à la limite de la salubrité. Pour qu’on ne se retrouve plus avec des familles entières logées dans des hôtels meublés, dans des conditions humaines et financières insoutenables.
Le rééquilibrage nécessaire des logements sociaux entre l’est et l’ouest de la capitale demeure très insuffisant. S’il faut davantage de logements sociaux à l’ouest, il semble tout aussi indispensable de limiter la très forte concentration de logements sociaux dans le nord est parisien, qui crée des situations de ghetto sociaux et urbain. C’est pourquoi, nous voulons introduire une part de 25% de logements privés et intermédiaires dans les grands ensembles de logements sociaux, avec de l’accession sociale à la propriété. Comme nous voulons introduire une part de 25% minimum de logements sociaux et intermédiaires dans toutes nouvelles constructions.
De même, il faudra faire bouger les lignes sur le taux de rotation dans le logement social qui est beaucoup trop faible à Paris, de l’ordre de la moitié de ce qu’il est au plan national.
Tout le monde le voit. À Paris, le rythme des constructions demeure trop faible. Pour atteindre les objectifs de la loi SRU, il faudra construire davantage. La vraie question qui se posera sera celle du foncier : comment mobiliser les emprises foncières disponibles de la capitale, de la SNCF ou de l’État ?
Enfin, nous devrons conduire une politique sérieuse et décidée pour que les classes moyennes puissent se loger à Paris. En ces temps de crise du pouvoir d’achat, le prix du logement, à Paris, locatif, ou accession à la propriété, reste, pour elles, largement inabordable. Nous ne pouvons nous y résoudre. Alors que la part de logements intermédiaires représente aujourd’hui 1% du parc, nous voulons atteindre l’objectif de 10% en 2020.
Quant aux jeunes étudiants, nous ne pouvons pas accepter que Paris soit la dernière ville de France en matière d’accueil des étudiants boursiers. Cela impose un programme de logements étudiants, et tout autant de mettre en place un système incitatif à la colocation, par exemple en remplaçant le système de cautions par une assurance de nature à sécuriser les propriétaires.
Davantage de volonté qu’il n’y en a eu ces dernières années : je suis pour faciliter les opérations d’accession à la propriété, je pense en particulier aux jeunes couples primo accédants. Et il ne serait que justice d’affecter une partie des recettes des droits de mutation (provenant des ventes de logement) à la construction de nouveaux logements.
Je souhaite faire de la politique du logement le principal outil de solidarité entre les Parisiens, afin de permettre à tous de continuer à vivre dans des conditions décentes, agréables et humaines dans notre Ville.
La seconde priorité budgétaire à Paris doit être évidemment la politique des transports. Si l’effort budgétaire parisien est loin d’être négligeable, les résultats, en revanche, demeurent encore insuffisants.
L’essentiel des moyens budgétaires a été mis sur le réseau de bus. À l’avenir, c’est sur le métro, le RER, le Tramway, le Transilien, que devront porter les investissements lourds.
Toutes les études prédisent une saturation progressive du métro parisien à l’horizon 2020. L’offre de métros n’a été que faiblement améliorée, alors qu’elle représente l’essentiel des déplacements en transports collectifs. La seule ligne créée, la n° 14, l’a été par la précédente équipe municipale. Il faudra d’ailleurs la prolonger pour désengorger la ligne 13. Comme il faudra créer une nouvelle ligne inter-gares parisiennes, prolonger le Tramway autour de Paris que nous avons soutenu et que nous continuons de soutenir, mais aussi dans certaines communes voisines, construire enfin une rocade autour de Paris pour le transport de banlieue à banlieue.
En plus de ces équipements lourds, il faudra mettre le paquet sur la rénovation d’un certain nombre de lignes, de RER et de métro, l’amélioration de la qualité, de la sécurité et de l’accessibilité des transports en commun.
Cette amélioration nécessaire de l’offre de transports en commun passe également par une meilleure affectation des moyens budgétaires du STIF au profit de Paris, légitime dès lors que la contribution des Parisiens à son budget n’a cessé de croître. De même devrons-nous exiger une plus grande transparence dans les prises de décisions du syndicat.
Une politique nouvelle en matière de transports devra traiter de la difficile question du transport de marchandises. Il devient indispensable d’expérimenter une politique nouvelle, d’explorer des pistes nouvelles. Création de plate formes multi modales à la périphérie, développement de livraisons mutualisées, utilisation de véhicules propres et non bruyants, accès interdit aux camions les plus polluants, transport fluvial, ferroutage. Expérimentons sur toutes ces questions et avançons.
De la même manière, la France est singulièrement en retard pour le développement des technologies propres. Nous avons trop peu d’incitations à l’usage de modes de transports propres ou peu polluants. Dans cette bataille, Paris peut être un exemple.
Et s’il y a bien une politique qui doit être pensée, conçue, au niveau de l’agglomération, c’est celle là. L’intercommunalité s’impose, et son absence se fait cruellement sentir. Pour nous, elle est une obligation.
Une des responsabilités premières des élus que nous sommes, est d’assurer la cohésion sociale de notre cité. Si nous partageons cet objectif, j’ai, sur cette difficile question de la solidarité, une autre approche que vous, Monsieur le Maire.
Ce n’est pas parce que le budget est en augmentation que la pauvreté et l’exclusion reculent, et que le lien social progresse. Cette approche-là est démentie, tous les jours, par la réalité. C’est l’inspiration qu’il faut changer.
Prenons l’exemple des quartiers classés politique de la ville. Toutes les analyses convergent pour dire que la politique de la Ville fonctionne mal en France. Si les critiques se concentrent sur l’Etat, elles ne doivent pas exonérer notre collectivité. Les inégalités s’accentuent entre quartiers aisés et quartiers défavorisés. Ces derniers comptent 25 % de Rmistes, un taux de chômage de 17%. Un habitant sur cinq vit avec moins de 735 euros par mois !
Voilà un des défis considérables auquel nous sommes confrontés. Un défi qui exige que l’on change de politique. En agissant uniquement sur le périmètre des quartiers, on enferme les populations. Ces quartiers doivent être désenclavés. Une politique de requalification globale devra être conduite en associant ces quartiers de la périphérie de Paris, à ceux limitrophes de la banlieue.
La solidarité doit se lire dans toutes les politiques municipales.
En matière de petite enfance d’abord. La construction de nouvelles places de crèches doit rester une priorité, mais nous ne pourrons répondre aux demandes légitimes des familles qu’en favorisant la diversité des modes de garde. Micro crèches, gardes à domicile, nous devrons diversifier l’offre. Et revoir l’allocation PAPADO au service d’une politique plus diversifiée.
Le lien entre les générations, le soutien et la solidarité que nous devons à tous, interroge également la politique conduite en faveur des Parisiens les plus âgés, avec des moyens financiers qui ne sont pas à la hauteur.
C’est un investissement beaucoup plus lourd que la Ville devra consentir pour nos aînés. Investissement en moyens financiers bien sûr, mais aussi en moyens humains. L’ennemi qu’il faut faire reculer, c’est l’isolement, c’est la solitude, c’est l’impossibilité pour certains d’entre eux de bouger, de sortir.
S’agissant du handicap, je souhaite que la Ville de Paris soit en avance pour la mise en application de la loi de 2005. Autant pour l’accessibilité dans les bâtiments publics, dans les transports collectifs, que pour l’inscription effective des enfants dans l’école la plus proche de leur domicile.
Le dynamisme de l’économie parisienne doit être une préoccupation permanente, car il est le garant de l’attractivité internationale de notre ville et de la création d’emplois. Paris perd régulièrement de l’activité au profit de la petite couronne. En matière de développement économique aussi, et d’abord, Paris aura besoin de changement.
Et cela commence par l’innovation. Accueillir de nouvelles entreprises créatrices d’emploi. Favoriser leur installation. Mener une action déterminée de soutien aux PME et aux TPE. Je pense, en particulier, à une mutualisation et à une mise à disposition de ressources humaines, pour les aider en matière fiscale, bancaire, sociale ou commerciale.
À l’heure où la Commission Attali propose de libérer partout l’implantation des grandes surfaces, je pense, au contraire, que Paris, plus que jamais, a besoin de ses commerçants et de ses artisans. Je propose qu’on d’organise dès 2008 un « Grenelle du commerce et de l’artisanat » dans la capitale, qui réfléchira, avec les commerçants et les artisans de Paris à la création d’un véritable outil de pilotage de nos quartiers commerçants, à l’image de ce qui existe à Londres. De même devons-nous insister pour que les décrets d’application de la loi Dutreil soient pris le plus vite possible.
C’est une question économique, et c’est aussi une question sociale. Car dans notre ambition de recréer du lien entre les Parisiens, je suis persuadée que l’implantation de commerces de proximité participe d’une qualité de vie que nous devons retrouver, et qui sera au cœur de notre projet.
La question du développement durable de la capitale, doit devenir l’une des priorités de notre action. Il devient urgent d’intégrer pleinement l’enjeu écologique dans nos politiques budgétaires.
Je crois qu’à l’avenir, il y aura une fiscalité écologique. Pour les particuliers, je propose que les pratiques vertueuses, comme l’utilisation de transports propres ou le tri sélectif, puissent permettre une réduction de la taxe d’habitation. Pour les entreprises, l’idée est la même. Toute pratique vertueuse devrait être récompensée par un allégement de taxe professionnelle. Un jour, la même question se posera pour les collectivités. Le montant des dotations annuelles perçu chaque année sera ainsi modulé en fonction de critères environnementaux précis et d’objectifs à atteindre.
Je voudrais, avant de conclure, revenir à cette question cruciale que nous aurons à traiter dans la prochaine mandature. Celle du « Grand Paris » et de l’intercommunalité. Quelle fiscalité faudra-t-il transférer à la structure qui sera créée ? Y aura-t-il une taxe professionnelle unique applicable sur tout le périmètre ? Dans quels délais y parvenir ? Et surtout comment réduire les inégalités criantes qui existent non seulement entre Parisiens, mais aussi entre Franciliens ? C’est une question qui intéresse aussi les Parisiens. Sur tous ces sujets, il nous faudra avancer. Avec comme objectifs, la simplification, la clarification des échelons, l’efficacité des politiques communes, et un principe, celui de la justice.
Voilà notre approche de la nouvelle période qui va s’ouvrir. Quelques grands choix, lisibles, et non le saupoudrage. La vie des Parisiens d’abord : logement, transports en commun, solidarité, environnement, dynamisme économique pour l’emploi. Et le choix politique du pluralisme et du rassemblement, loin des querelles de clan, avec à l’idée que la Ville n’appartient pas à ceux qui la gouvernent, mais à ceux, à tous ceux qui la forment et y vivent.

par antonio duarte publié dans : au Centre
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Mardi 30 octobre 2007

Bertrand DELANOE a entammé, contre l'avis d'une partie de sa majorité, d'explorer la possibilité de créer des tours à Paris.

Le Groupe d'étude a sélectionné certains sites - exclusivement situées aux portes de Paris nord-est - et a fait plancher des architectes renomés sur des projets de tours. Le Monde publie ce jour une image des tours prévues Porte de la Chapelle dans le 18°, qui compte déjà plusieurs tours de logements sociaux.

La méthode employée, qui consiste uniquement à réaliser des gestes architecturaux, à implanter des tours aux abords du périphérique, plutôt que l'avoir réflexion approfondie sur l'urbanisme des portes de la capitale pour mieux les relier à la banlieue et y intégrer d'éventuels symboles urbains dans ces nouveaux quartiers laisse pensif...

L'absence totale de transparence des décisions d'implantation ou des choix des concepteurs, vis à vis des élus parisiens et de la population (parisienne et de banlieue, qui est aussi concernée) n'est pas un modèle de démocratie locale !

Antonio Duarte



Enquête

Bertrand Delanoë et ses totems urbains

LE MONDE | 29.10.07 |


Elles sont galbées, élancées, déhanchées. Ponctuées de jardins suspendus ou surmontées de piscines ou de restaurants pour nager ou dîner en plein ciel. Certaines ont des reflets dorés, d'autres moirés. Onze cabinets d'architectes ont remis en juin à Bertrand Delanoë les esquisses de tours qu'ils rêveraient de construire en lisière de Paris. Là où elles ne gênent personne, où il y a de la place et où elles pourraient incarner les futurs totems urbains d'un "Grand Paris".


Désireux de faire sauter, s'il est réélu maire de Paris en 2008 - et en quelques endroits seulement -, le verrou réglementaire qui limite la hauteur des immeubles à 37 mètres, soucieux de réconcilier avec la hauteur les Parisiens, traumatisés par la tour Montparnasse, M. Delanoë a sollicité quelques-uns des plus grands noms de l'architecture français, allemands, espagnols et autrichiens. Ceux-ci ont réfléchi à l'utilité et à la possibilité de construire un ou plusieurs gratte-ciel sur trois sites : le quartier de Masséna-Bruneseau (13e), la porte de la Chapelle (18e) et la porte de Bercy (12e).


Le Monde a pu avoir accès à ces travaux qui devraient être présentés par le maire en novembre. "Tout n'est pas égal. Les projets n'ont pas la même force de conviction", confie Jean-Pierre Caffet, adjoint (PS) chargé de l'urbanisme auprès du maire. "Les images qui seront publiées ne seront qu'une illustration de ce que pourraient être ces quartiers si on prenait une décision", explique-t-il prudemment.


M. Delanoë caresse depuis longtemps l'idée d'ériger un bâtiment de grande hauteur sur la ZAC Paris-Rive gauche, au sud-est de Paris. Dans son esprit, il pourrait accueillir un grand équipement public tel que le nouveau palais de justice de Paris que les magistrats réclament depuis des années, mais qu'ils rechignent pour l'instant à voir s'implanter sur ce site.


Ce territoire, en partie vierge de tout bâtiment, est aujourd'hui strié par les voies de chemin de fer, mité par des infrastructures telles qu'un échangeur routier, flanqué du périphérique et du boulevard des Maréchaux. Mais en bordure de la Seine. "Nous avons voulu éviter le gonflage de muscles qu'on voit chez certains architectes dès qu'on leur parle de construire des tours", confie l'architecte Yves Lion, chargé de piloter l'atelier consacré au site Masséna-Bruneseau. "Pour ne pas perdre l'identité de Paris, il fallait veiller à ce que les bâtiments aient une assise très large au sol pour qu'on oublie presque qu'il s'agit de tours quand on est à leur pied", détaille-t-il.


Dans cet esprit, l'architecte Jacques Ferrier a imaginé trois tours dont deux sur le territoire parisien et une autre à Ivry-sur-Seine, de l'autre côté du périphérique. Elles culmineraient de 120 à 150 mètres - entre 30 et 40 étages - avec des équipements collectifs, des bureaux et des logements dans la partie haute pour que ceux qui y vivent soient éloignés du bruit des voitures et profitent de la vue.


Selon le concept Hypergreen qu'il a mis au point avec des ingénieurs spécialistes d'environnement, M. Ferrier enveloppe ses tours d'une "résille" d'aluminium qui protège du soleil et soutient en même temps le bâtiment. Les trois bâtiments légèrement coniques seraient d'un brun doré "pour accrocher la lumière le soir avec le soleil rasant, comme le dôme des Invalides, qui culmine à 110 mètres", explique-t-il.


Sur le même site, Anne Demians a conçu une double tour : l'une de 210 mètres de haut, l'autre de 150, reliées par des passerelles qui abriteraient des espaces collectifs (restaurants, cinémas). Ce double édifice serait recouvert de paroi de verre. Blanc et gris clair, "il aurait l'apparence d'une peau de lézard ajourée par endroits", explique cette jeune architecte de 40 ans. Le bâtiment de 100 000 mètres carrés "pourrait aussi bien accueillir des bureaux, des logements, qu'un palais de justice", glisse-t-elle. Il serait en bord de Seine et entouré d'un jardin de 1,7 hectare.


"Les tours ne sont intéressantes que si elles libèrent de la place au sol", rappelle François Leclercq, l'architecte qui a animé l'atelier consacré à la porte de la Chapelle (18e). Sur ce site se trouve le plus grand échangeur routier de France, mais aussi des gares de fret, des rails en grand nombre et le périphérique. "Ce qui nous intéressait, ce n'était pas de construire une tour pour une tour, mais de penser et de panser grâce à elle le périphérique et ses nuisances : le bruit et la pollution", explique Xavier Gonzalez (agence Brenac et Gonzalez).


L'architecte a eu l'idée d'enfouir le périphérique sous un jardin de 5 hectares qui le recouvrirait tel un "pansement". Cette nouvelle colline végétale serait longée d'immeubles de six étages. Au milieu du terrain surgiraient trois tours entre 100 et 150 mètres de haut dont la plus basse abriterait des logements et les deux autres des bureaux. Leur forme "en spirale carrée" permettrait une circulation plus rapide du vent pour diluer la pollution et le bruit. Elles seraient recouvertes d'une "double peau de verre" qui tamiserait le soleil avec des jardins d'hiver.


Dans la tour du milieu, les appartements auraient de larges terrasses. "Ce sont des tours qui rendent service, explique M. Gonzalez. Elles relient Paris et la banlieue, en finançant par la vente des droits à construire à des promoteurs les travaux de couverture du périphérique." Sur le même site, l'architecte Dominique Perrault propose de construire une seule tour de 131 mètres, côté Paris, en même temps qu'un nouveau quartier d'immeubles qui dépasseraient les 37 mètres, comme une "agrafe" de part et d'autre du périphérique. L'agence espagnole Abalos & Herreros a dessiné un seul monument surmonté de quatre petites tours qui pourraient abriter des lofts à 171 mètres du sol.


Porte de Bercy (12e), l'architecte Claude Vasconi a imaginé quatre tours de 130 mètres, avec, sur leur façade sud, des logements, et au nord des bureaux. Son confrère Nicolas Michelin propose au même endroit deux tours de 171 mètres, sortes de cônes très dodus, comme des Esquimaux glacés.

Béatrice Jérôme


par antonio duarte publié dans : Urbanisme
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Vendredi 26 octobre 2007
Le blog du projet de Marielle de SARNEZ, candidate du MODEM à Paris est en ligne !

www.marielledesarnezpourparis.fr

Vous pouvez y retrouver l'Avant-Projet du Modem Paris pour les municipales et y apporter vos contributions.

Vous y retrouverez également des visites de quartier. Marielle de SARNEZ effectuant une visite dans les 80 quartiers de Paris afin d'être au plus près de la réalité parisienne, alors que ses deux concurrents se contentent de 20 réunions d'arrondissement, survolant la capitale et ses problématiques...

Article dans 20 minutes

20Minutes.fr avec AFP, éditions du 26/10/2007

Sur son blog, Marielle de Sarnez soumet son pré-projet aux Parisiens


La candidate UDF-Mouvement démocrate (MoDem) à la mairie de Paris, Marielle de Sarnez, soumet son pré-projet aux contributions des Parisiens, sur son blog de campagne ouvert vendredi, mettant l'accent sur les liens entre la capitale et sa périphérie.

"J'ai voulu vous proposer un premier compte-rendu du travail de réflexion que j'ai organisé", écrit Mme de Sarnez en page d'accueil de son blog (marielledesarnezpourparis.fr). "Ce travail n'est pas achevé parce que je souhaite que vous y preniez, vous-même, une part active".

Tous les dix jours, la candidate donnera un compte-rendu des contributions à ses sept chapitres de travail (habiter, se déplacer, respirer, s'entraider, réaliser, s'épanouir, gouverner), jusqu'au projet définitif prévu fin 2007 ou début 2008.

François Bayrou avait obtenu 20,73% des voix à Paris le 22 avril (18,57% en France) et l'UDF-Modem 12,02% au premier tour des législatives (7,6% nationalement).

"J'ai voulu décrire mon ambition à long terme pour cette ville, qui doit devenir plus attractive, notamment sur le plan culturel et économique, et en même temps faire des propositions touchant à la vie quotidienne, qui doit être plus humaine, avec plus de liens entre les gens", a indiqué à l'AFP Mme de Sarnez.

Chacun des sept grands chapitres regroupe 28 rubriques (logement, urbanisme, transports, environnement, propreté, exclusion, familles, seniors ...) avec pour chacune un état des lieux, et des propositions.

Mme de Sarnez propose notamment d'augmenter les logements sociaux à Paris pour atteindre 20% en 2020 (15% en 2007), soit un objectif de 6.000 par an.

En matière d'urbanisme, elle prône une continuité territoriale entre Paris et la banlieue en créant de nouveaux quartiers aux portes de la capitale, propose de réaliser des éco-quartiers, de dépasser -ponctuellement - la norme de 37 mètres de hauteur pour certains équipements publics et culturels.

Elle veut aussi créer un grand parc d'une dizaine d'hectares, pour les habitants du centre et du nord de Paris qui en sont dépourvus.

La députée européenne envisage également une "fiscalité verte" pour particuliers et entreprises, qui verraient leur taxe d'habitation et taxe professionnelle modulée en fonction de leur comportement.

par antonio duarte publié dans : au Centre
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Mardi 23 octobre 2007
Les premières propositions de la Commission pour la libération de la croissance française (CLCF), présidée par Jacques Attali, concernent aussi le logement.
La commission recommande la création de 500 000 nouveaux logements par an jusqu’en 2010, puis 350 000 par an entre 2010 et 2020. L’objectif est de loger les jeunes et de reloger ceux, notamment les personnes âgées, qui vivent dans des habitations insalubres ou vétustes.

La CLCF suggère par ailleurs la création d’ici 2012 de dix Ecopolis, villes d’au moins 50 000 habitants intégrant haute qualité environnementale et nouvelles technologies de communication, et l’abaissement des coûts de transaction (droits de mutation, frais d’agence et de certification). Elle prône également la création d’une Bourse Internet des offres et des demandes dans le logement social, ainsi qu’une série d’aménagements du contrat de bail pour le rendre moins contraignant pour le locataire. En contrepartie, les propriétaires bénéficieraient d’un régime des expulsions « sécurisé » avec des délais raccourcis.
par antonio duarte publié dans : Logement
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Mardi 23 octobre 2007

COMMUNIQUE AFP

Marielle de Sarnez, chef de file de l'UDF-Mouvement démocrate (MoDem) aux municipales à Paris, a lancé mercredi sa campagne dans le quartier Grenelle (XVème) où elle est arrivée en Vélib'.


Pour cette première étape d'une tournée des 80 quartiers administratifs de Paris qu'elle bouclera d'ici Noël, la conseillère de Paris a expliqué sa "méthode de campagne: être à l'écoute des Parisiens, de leurs problèmes concrets".


Elle a rencontré des associations impliquées dans le projet de rénovation du centre commercial de Beaugrenelle (riverains opposés au projet, commerçants, promoteurs).


Après diverses étapes (île aux Cygnes, monument du Vel d'Hiv, rue commerçante), elle devait terminer par un "café rencontre" avec des militants ou sympathisants du XVème.


Une campagne de proximité qui rappelle celle de "labourage" menée par François Bayrou pour la présidentielle (18,57% des voix en France, 20,73% à Paris).


Aux législatives, les candidats bayrouistes avaient obtenu 12,02% au premier tour à Paris, bien plus que les 7,6% de l'UDF-MoDem nationalement.


Avant une nouvelle phase à partir de janvier, avec des meetings, Mme de Sarnez ouvrira au début de la semaine prochaine un blog (marielledesarnezpourparis.fr), "avec 70 pages de pré-projet".


Les têtes de liste MoDem pour les 20 arrondissements de Paris doivent être annoncées en fin d'année, et les listes complètes, que la députée européenne souhaite ouvrir à "des candidats pas encartés", début 2008.


Elle devait se rendre dans la soirée à un café politique dans le XIVème arrondissement, organisé par la jeune militante Quitterie Delmas afin de relayer des appels à la "démocratie interne" de militants parisiens, qui regrettent l'absence de primaires pour la désignation des candidats.


"J'entends les exigences de démocratie et je vais faire tout mon possible à Paris pour y répondre favorablement", a dit Mme de Sarnez.


Selon elle, le calendrier ne permettait pas d'organiser ces primaires: les municipales ont lieu les 9 et 16 mars, alors que jusqu'au Congrès fondateur du MoDem (1-2 décembre), le parti reste régi par les statuts de l'UDF, qui ne prévoient pas de primaires.

par antonio duarte publié dans : PARIS Paname
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Mardi 23 octobre 2007

Aux heures de pointe, les rames de la ligne 13 du métro parisien transportent plus de 4 personnes par mètre carré au nord de Paris ! Les voyageurs venant d'Asnières-Gennevilliers (Hauts-de-Seine) et de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) convergent, compressés, vers la station Saint-Lazare.


Treize ans après les premières études de la RATP pour "désaturer" l'une des lignes les plus surchargées du réseau, les élus parisiens et franciliens doivent examiner, mercredi 24 octobre, dans le cadre d'un "comité de suivi", un nouveau scénario, qui a toutes les chances d'être la solution retenue. Le projet élaboré par le Syndicat des transports d'Ile-de-France (STIF) et la RATP consisterait à prolonger la ligne 14 jusqu'à la mairie de Saint-Ouen, parallèlement au tracé de la 13. La 14 traverse aujourd'hui Paris : en venant du 13e arrondissement (station Olympiades), elle dessert la gare de Lyon, Châtelet et s'arrête à la station Saint-Lazare. En se poursuivant vers le nord, la 14 délesterait la ligne 13 de 4 200 usagers sur un total de 18 450 aux heures de pointe du matin.


Entièrement automatisée, la ligne 14 prolongée aurait deux nouvelles stations au nord au-delà de Saint-Lazare : Porte-de-Clichy et Mairie-de-Saint-Ouen. La RATP estime le coût de ce chantier à 890 millions d'euros. Il se ferait en sous-sol et ne nécessiterait pas d'éventrer la chaussée. " Compte tenu de la croissance prévue de la population et des emplois très forte au nord de Paris d'ici à 2030, il y a urgence à engager ce projet pour décharger la 13", affirme Annick Lepetit, députée (PS) de Paris, candidate à la mairie du 17e arrondissement. Un consensus politique pourrait se dessiner autour de ce scénario entre les maires - de gauche pour la plupart - des huit communes de banlieue desservies à terme par la ligne 13 et la Ville de Paris, très favorable au projet.


La RATP étudie toutefois une deuxième solution qui sera présentée mercredi aux élus : une nouvelle rocade de métro entre La Défense et la Plaine-Saint-Denis. Elle permettrait de décharger la 13 des voyageurs qui l'empruntent aujourd'hui pour aller de Seine-Saint-Denis jusque dans les Hauts-de-Seine, faute de métro circulaire en petite couronne. Mais son coût serait plus élevé (2 milliards d'euro).


Ni le conseil général des Hauts-de-Seine ni Jean-Paul Huchon, président (PS) du conseil régional d'Ile-de-France, ne militent activement pour cette option. Le STIF pourrait décider de lancer dès 2008 les études sur la nouvelle 14, en vue d'un achèvement du projet en 2018. Restera à trouver un accord avec l'Etat pour le financement.


par antonio duarte publié dans : Transports
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Mardi 23 octobre 2007

La hausse accélérée du dioxyde de carbone s'explique par la baisse de l'efficacité énergétique et une capture réduite par les océans et la végétation.

 
MAUVAISES nouvelles pour la planète sur le front du CO2. La teneur en dioxyde de carbone dans l'atmosphère a augmenté de 35 % entre le début des années 1990 et la période 2000-2006, passant de 7 à 10 milliards de tonnes de gaz carbonique par an, si l'on en croit les résultats d'une étude publiée par une équipe de chercheurs internationaux dans les Proceedings of the National Academy of Sciences.
 
Le grand responsable de cette augmentation ? La croissance économique, à laquelle on impute les deux tiers de ce dérapage. Quelque 17 % de cette hausse de la teneur en dioxyde de carbone dans l'atmosphère est par ailleurs à mettre sur le compte de la stagnation de l'efficacité énergétique au niveau mondial. Depuis une trentaine d'années, ce paramètre ne cessait de s'améliorer. Or, depuis 2000, on ne constate plus aucune amélioration. « Depuis 2000, l'intensité énergétique moyenne en carbone s'est détériorée, autrement dit a augmenté, et aucune région ne montre de signe encourageant à cet égard », s'inquiète Pep Canadell, directeur exécutif du Projet global sur le carbone, qui a mené ces travaux. Certaines régions industrialisées, comme le Japon ou l'Europe des Quinze, se situent même en deçà des prévisions. Les États-Unis sont, eux, en ligne avec ce qui était prévu.
 
Les pays en développement tirent naturellement le bilan vers le bas. « La substitution du gaz naturel et du pétrole par le charbon, surtout en Chine, participe grandement de ce phénomène », explique Corinne Le Quéré, chercheuse à l'université d'East Anglia et au British Antarctic Survey, et coauteur de l'étude.
 
Rejets polluants
 
Mais qu'on ne se méprenne pas sur ces chiffres, qui pourraient être utilisés par certains pays industrialisés, comme les États-Unis, pour se défausser de leur reponsabilité planétaire dans la lutte contre le changement climatique. Et Michael Raupach, chercheur au CSIRO australien et coauteur de l'étude, de remettre les pendules à l'heure : « Les pays industrialisés, qui représentent seulement 20 % de la population mondiale, sont responsables de 60 % des émissions actuelles et de 80 % du cumul de celles rejetées depuis le début de la révolution industrielle. Or ces rejets polluants accumulés depuis des années sont la principale cause du changement climatique. »
 
Les 18 % restants responsables de cette augmentation de la teneur en dioxyde de carbone dans l'atmosphère sont liés à un déclin de la capacité d'absorption des gaz à effet de serre par les forêts et les océans, selon cette étude. « Il y a cinquante ans, pour chaque tonne de CO2 émise, 600 kilogrammes étaient éliminés naturellement. En 2006, seuls 550 kg ont été éliminés par tonne et ce chiffre diminue », affirme Pep Canadell. Le CO2 est ainsi moins capturé par les océans et la végétation, dont le rôle est prépondérant puisqu'ils absorbent chacun un quart des émissions de carbone à l'échelle de la planète.
 
« La moitié du ralentissement de ces puits de carbone vient du rôle moindre joué par l'océan austral », explique l'océanographe Corinne Le Quéré (voir ci-dessous).
 
Le stress hydrique et les sécheresses à répétition qui sévissent depuis quelques années contribuent également à accélérer les rejets de CO2 dans l'atmosphère, sans que ce phénomène soit pour autant quantifié. Car lorsque les précipitations sont insuffisantes, les forêts, au lieu d'absorber du carbone, ont au contraire tendance à en recracher. Il ne s'agit pour l'instant que de suppositions, mais pendant la vague de chaleur de l'été 2003 on avait bien assisté à un dégazage de CO2.
 
Ces résultats obligent à une révision à la hausse des prévisions du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec). Ce dernier a bien expliqué dans son rapport de janvier dernier que le ralentissement du rôle joué par les puits de carbone n'avait pas été pris en compte par les modèles climatiques et qu'il convenait de ce fait d'ajouter aux projections de température à l'horizon 2100 une hausse de 0,1 à 1,5 °C. « Il faut viser le haut de la fourchette », en déduit donc Corinne Le Quéré.
 
Dans ce contexte, la stabilisation de la concentration en gaz à effet de serre dans l'atmosphère va s'avérer encore plus ardue que prévu. Aussi le protocole de Kyoto, qui a fixé en 1997 pour objectif de ramener en 2012 les émissions de gaz à effet de serre de la planète à un niveau inférieur de 5 % par rapport au niveau de 1990, semble-t-il relever de plus en plus de la gageure.
La teneur en dioxyde de carbone dans l'atmosphère a augmenté de 35 % entre le début des années 1990 et la période 2000-2006, passant de 7 à 10 milliards de tonnes de gaz carbonique par an, si l'on en croit les résultats d'une étude publiée par une équipe de chercheurs internationaux dans les Proceedings of the National Academy of Sciences.
 
Le grand responsable de cette augmentation de CO2 ? La croissance économique, à laquelle on impute les deux tiers de ce dérapage. Quelque 17 % de cette hausse de la teneur en dioxyde de carbone dans l'atmosphère est par ailleurs à mettre sur le compte de la stagnation de l'efficacité énergétique au niveau mondial. Depuis une trentaine d'années, ce paramètre ne cessait de s'améliorer. Or, depuis 2000, on ne constate plus aucune amélioration. « Depuis 2000, l'intensité énergétique moyenne en carbone s'est détériorée, autrement dit a augmenté, et aucune région ne montre de signe encourageant à cet égard », s'inquiète Pep Canadell, directeur exécutif du Projet global sur le carbone, qui a mené ces travaux. Certaines régions industrialisées, comme le Japon ou l'Europe des Quinze, se situent même en deçà des prévisions. Les États-Unis sont, eux, en ligne avec ce qui était prévu.
 
Les pays en développement tirent naturellement le bilan vers le bas. « La substitution du gaz naturel et du pétrole par le charbon, surtout en Chine, participe grandement de ce phénomène », explique Corinne Le Quéré, chercheuse à l'université d'East Anglia et au British Antarctic Survey, et coauteur de l'étude.
 
Rejets polluants
 
Mais qu'on ne se méprenne pas sur ces chiffres, qui pourraient être utilisés par certains pays industrialisés, comme les États-Unis, pour se défausser de leur reponsabilité planétaire dans la lutte contre le changement climatique. Et Michael Raupach, chercheur au CSIRO australien et coauteur de l'étude, de remettre les pendules à l'heure : « Les pays industrialisés, qui représentent seulement 20 % de la population mondiale, sont responsables de 60 % des émissions actuelles et de 80 % du cumul de celles rejetées depuis le début de la révolution industrielle. Or ces rejets polluants accumulés depuis des années sont la principale cause du changement climatique. »
 
Les 18 % restants responsables de cette augmentation de la teneur en dioxyde de carbone dans l'atmosphère sont liés à un déclin de la capacité d'absorption des gaz à effet de serre par les forêts et les océans, selon cette étude. « Il y a cinquante ans, pour chaque tonne de CO2 émise, 600 kilogrammes étaient éliminés naturellement. En 2006, seuls 550 kg ont été éliminés par tonne et ce chiffre diminue », affirme Pep Canadell. Le CO2 est ainsi moins capturé par les océans et la végétation, dont le rôle est prépondérant puisqu'ils absorbent chacun un quart des émissions de carbone à l'échelle de la planète.
 
« La moitié du ralentissement de ces puits de carbone vient du rôle moindre joué par l'océan austral », explique l'océanographe Corinne Le Quéré (voir ci-dessous).
 
Le stress hydrique et les sécheresses à répétition qui sévissent depuis quelques années contribuent également à accélérer les rejets de CO2 dans l'atmosphère, sans que ce phénomène soit pour autant quantifié. Car lorsque les précipitations sont insuffisantes, les forêts, au lieu d'absorber du carbone, ont au contraire tendance à en recracher. Il ne s'agit pour l'instant que de suppositions, mais pendant la vague de chaleur de l'été 2003 on avait bien assisté à un dégazage de CO2.
 
Ces résultats obligent à une révision à la hausse des prévisions du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec). Ce dernier a bien expliqué dans son rapport de janvier dernier que le ralentissement du rôle joué par les puits de carbone n'avait pas été pris en compte par les modèles climatiques et qu'il convenait de ce fait d'ajouter aux projections de température à l'horizon 2100 une hausse de 0,1 à 1,5 °C. « Il faut viser le haut de la fourchette », en déduit donc Corinne Le Quéré.
 
Dans ce contexte, la stabilisation de la concentration en gaz à effet de serre dans l'atmosphère va s'avérer encore plus ardue que prévu. Aussi le protocole de Kyoto, qui a fixé en 1997 pour objectif de ramener en 2012 les émissions de gaz à effet de serre de la planète à un niveau inférieur de 5 % par rapport au niveau de 1990, semble-t-il relever de plus en plus de la gageure.
par antonio duarte publié dans : Ecologie
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Mardi 16 octobre 2007
La politique de surcommunication du Président Sarkozy masque un vrai déficit de politique économique crédible de relance, que souligne parfaitement Jean Peyrelevade, qui a soutenu François Bayrou pendant la campagne présidentielle !

Jean Peyrelevade, conseiller de François Bayrou :
«Je ne crois pas une seule seconde au choc de confiance promis par Sarkozy»

Recueilli par
Muriel Gremillet
LIBERATION - QUOTIDIEN : mardi 16 octobre 2007
     

La discussion sur le projet de budget 2008 s’ouvre aujourd’hui à l’Assemblée nationale dans un contexte économique morose. Du coup, les critiques pleuvent, à gauche comme à droite. Jean Peyrelevade, ancien patron du Crédit lyonnais, ex- conseiller économique de Pierre Mauroy (PS) et aujourd’hui proche de François Bayrou, dresse un réquisitoire contre le premier budget de l’ère Sarkozy.


Quel regard portez-vous sur le budget 2008 ?

La situation des finances publiques va continuer de se dégrader. Nous allons confirmer notre place de plus mauvais élève européen en matière de déficits publics. Et, compte tenu de la médiocrité de la croissance, la barre fatidique des 3 % de déficit risque d’être atteinte dès l’an prochain.

L’effort sur la productivité de l’Etat reste faible : 23 000 postes de fonctionnaires en moins, qui représentent une économie d’environ 500 millions d’euros en année pleine. On remarque aussi un engagement sur la progression limitée de la dépense publique. Mais le déficit de la Sécurité sociale, de 12 milliards d’euros, va sans doute se creuser. Enfin, il ne faut pas oublier les cadeaux fiscaux, de 6 ou 7 milliards pour 2007, le double en année pleine.


Le choc de confiance promis par Nicolas Sarkozy aura-t-il un effet sur l’économie ?

Je n’y crois pas une seule seconde. Nicolas Sarkozy et le gouvernement commettent une erreur profonde de diagnostic sur la nature du mal dont souffre l’économie française. L’essentiel des efforts (les cadeaux fiscaux) va en priorité aux ménages, c’est-à-dire à la consommation. Voyez : on baisse les impôts sur les successions, on déduit les intérêts d’emprunts immobiliers, on défiscalise les heures supplémentaires, on instaure le bouclier fiscal. Tout cela au nom d’un raisonnement imparable, mais faux : ce n’est pas la consommation qui va tirer la croissance à la hausse.


Où est l’erreur, alors ?

La France souffre non pas d’une absence de soutien de la demande intérieure, mais d’un déficit d’offre. Depuis 2001, la consommation des ménages croit plus vite que la production, qui n’est pas capable de suivre. Depuis six ans, ce sont les importations qui augmentent de manière considérable, dégradant notre commerce extérieur. Le moteur économique est mal réglé. Avant de rajouter du carburant sous forme de pouvoir d’achat, il faut d’abord changer le réglage.


La relance par la consommation est-elle vraiment une politique de droite ?

Le président de la République, soi-disant libéral, fait la même erreur de politique économique que celle de François Mitterrand en 1981. Cette erreur historique il a fallu la corriger rapidement fin 1982 avec un plan de redressement. Un vrai plan de rigueur.

D’où vient cette obsession de la demande ?

C’est une vieille tradition française qui date des Trente glorieuses (1945-1973). Il fallait développer l’économie. On négociait des hausses de salaires, on fabriquait de l’inflation et on recadrait par des dévaluations. A partir de 1982, Pierre Mauroy et Jacques Delors, à gauche, ont mis fin à cette culture de l’inflation dont, à l’époque, le patronat était complice. Ensuite, il y a une certaine démagogie de la classe politique à toujours choisir la demande contre l’offre. Toute l’action économique est orientée en direction des ménages, donc des électeurs. On parle du pouvoir d’achat, jamais de l’investissement des entreprises. Ni à gauche, ni à droite, d’ailleurs.


Cet investissement est-il insuffisant ?

Depuis 2000, la part du travail (masse salariale plus charges), dans la valeur ajoutée des entreprises n’arrête pas d’augmenter. A cause des 35 heures, mais aussi des allégements d’impôts des ménages consentis par Chirac, et de ces nouveaux allégements Sarkozy. Ces cadeaux fiscaux, il faut bien les payer à un moment ou un autre. On les alimente par des ressources prélevées en partie sur les entreprises. Et celles-ci n’ont plus de marges pour investir.


Comment régler ce «défaut de réglage» de l’économie française ?

La France souffre de sous-investissement. Il faut donc déplacer la valeur ajoutée au profit des entreprises. D’abord, en limitant la croissance des salaires par rapport à la productivité. Ensuite, les 15 milliards dépensés cet été par le gouvernement pour le pouvoir d’achat seraient mieux employés pour alléger les charges des entreprises. Il faut aussi mener une politique volontariste en faveur de notre industrie, qui souffre d’être parmi les secteurs les plus imposés. Naturellement ces mesures supposent une certaine volonté politique. D’autant que pour les financer, il faudra bien augmenter les impôts sur les ménages. C’est inéluctable si l’on veut ensuite avoir davantage de croissance et donc de pouvoir d’achat.


C’est la rigueur, comme en 1983 ?

Non, car aujourd’hui, la difficulté est plus grande qu’à l’époque. En 1981-1982, la sanction des erreurs a été rapide. Le franc s’écroulait par rapport aux autres monnaies. En 2007, la solidarité européenne et l’euro nous protègent. C’est pour cela qu’il faudra une grande clairvoyance au président de la République pour mener la bonne politique. Il a été élu sur une rupture, qui reste pour l’instant symbolique. Le risque, c’est une dégradation lente de la situation économique, un enfoncement dans la médiocrité sur fond de crise avec nos partenaires européens.

par antonio duarte publié dans : Société
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